Sur la dernière maladie de Monsieur le Cardinal

Le sort de Richelieu met tout le monde en peine1

L’un gage qu’il est mort, l’autre qu’il ne l’est pas.

L’un en parle tout haut, l’autre en parle tout bas.

L’un l’écrit en Poitou, l’autre l’écrit au Maine.

 

Chacun fait voir ici son amour ou sa haine.

L’un demande sa vie, et l’autre son trépas.

Et ces contraires vœux produisent des débats 

Où l’on ne connaît point de vérité certaine.

 

De moi, quelque douleur qui le tienne oppressé 

Quelque triste succès dont il est menacé

Je crois qu’il trompera les sinistres oracles.

 

Il a par son bonheur tout vaincu jusqu’ici.

La fortune toujours fit pour lui des miracles,

La Nature à son tour en voudra faire aussi.

  • 1. Sur la dernière maladie de Monsieur le Cardinal et l’Espérance qu’on eut de sa guérison, au même temps qu’on faisait courir le bruit de sa mort.

Numéro
*0613


Année
1642

Description

Sonnet

Notes

Ci-gît 1333


Références

BHVP, MS 555, f°7v

Mots Clefs
Richelieu