Sonnet

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Enfin cet homme heureux gît dessous une pierre.

Le feu de ce grand astre est éteint pour jamais,

Et ce fameux héros n’a laissé sur la terre

Que le seul souvenir qu’on doit à ses beaux faits.

 

Il mit dedans les fers la discorde importune,

Il vainquit plus souvent qu’il ne fut combattu,

Et l’on voit en son sort que jamais la Fortune

Sur de si hauts degrés n’éleva la vertu.

 

Son roi, par ses conseils suivi de la victoire

S’est mille fois ouvert le temple de la Gloire,

Et d’une aimable paix moisonne tout le fruit.

 

Et toutefois, Passant, l’auteur de ces merveilles,

Malgré tant de travaux et tant d’illustres veilles,

N’est plus qu’un peu de poudre et que beaucoup de bruit.

Numéro
*0528


Année
1661

Description

Sonnet

Notes

Ci-gît 0393


Références

Tableau de la vie de Mazarin, p.210-11

Mots Clefs
Mazarin